Analyse de notre CPS

Très intéressant pour motiver contrôleurs et pilotes pour une phraséologie rigoureuse et sans sous entendus chacun étant dans un contexte différent. 

1) L’ATC l’autorise à s’aligner et à décoller sans faire confirmer à l’ULM qu’il accepte de partir du point Alpha. C’est sous entendu pour la contrôleuse d’autant plus que l’autre avion sur la piste après atterrissage a été informé de laisser passer l’ULM qui s’aligne. 
2) Le pilote de l’ULM répète sans avoir compris le sens l’autorisation de la contrôleuse : celle-ci est sur deux phases à venir : 
-l’alignement et 
-le décollage.
Alors que le pilote va s’engager sur quatre phases et donc il va ne pas respecter cette autorisation : 
-la pénétration, 
-la remontée de piste, 
-l’alignement, et 
-le décollage. 
Il doit faire part de son intention de remonter la piste avant alignement. 
 
Les sous entendus :
- L’ULM est « sensé » décoller du point A (intersection Runway et Taxiway) puisque les DR400 le font. Et donc la contrôleuse est dans ce contexte. 
- Le pilote du WN lui a l’intention de décoller du seuil 27. Il n’a pas idée que la remontée au seuil 27 est contraignant pour le trafic à La Rochelle, ni que croiser un avion sur la piste n’est pas anodin (l’avion après atterrissage). 
 
La phraséologie correcte de la contrôleuse qui aurait mis le pilote dans le même contexte :
« WN vous êtes autorisé à alignement et décollage du point d’arrêt A  1000 mètres restant pour décoller »
L’erreur de la contrôleuse non relevée, WN aurait dû annoncer :
« WN j’ai l’intention de décoller du seuil 27. 
Confirmez que je peux pénétrer, et remonter la piste vers le seuil 27. »
Ce qui aurait mis la contrôleuse dans le même contexte que le pilote.
Ce à quoi la contrôleuse aurait par exemple dit sans trafic au roulage après atterrissage :
« WN autorisé à pénétrer remonter et à vous aligner au seuil piste 27. Rappelez prêt au départ ».
 
Avec le trafic sur la piste après atterrissage la contrôleuse doit vérifier que le pilote de  l’ULM au départ accepte de décoller depuis A, sinon, elle doit le faire attendre avant le taxiway pour qu’ils ne se croisent pas. 
Le croisement sur la piste entre deux avions n’est pas prévu et litigieux en cas de collision, les deux avions ne suivant pas une trace au sol, la responsabilité des deux est engagée (en plus de la contrôleuse).
Dans la pratique face à deux petits trafics le contrôleur peut proposer aux deux aéronefs de se croiser s’ils acceptent d’assurer leurs propres espacements.
 
Ce qui est intéressant est que l’ambiguïté n’est pas levée ensuite. 
La contrôleuse croit que l’ULM va décoller en 09 et le pilote de l’ULM manque de rigueur dans son explication.
Il dit : « Je vais m’aligner ». 
Au lieu de dire : « je roule pour m’aligner au seuil piste 27 » pendant ce temps, la contrôleuse n’a toujours pas compris l’intention du pilote et cherche à lui faire faire demi tour croyant qu’il se trompe de sens de décollage. 
Très !!! très intéressant !!!